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Albert Solé se présente

Albert Solé se présente

Albert Solé se présente

Albert Solé, de triple nationalité hongroise, française et espagnole, va présenter son nouveau documentaire "Al Final de la escapada" lors de la 33ème édition Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier. Dans le cadre de notre partenariat avec Cinemed, cine4me élira le meilleur documentaire méditerranéen dont "Al final de la escapada" fait partie. Afin de mieux le connaître, Albert Solé se prête alors au jeu de l'interview pour vous et nous.

Cine4me : Parlez-nous de votre parcours ?

Albert Solé : A l’origine je suis journaliste. J’ai travaillé dans plusieurs quotidiens espagnols, normalement dans les rubriques politique ou culturelle. J’ai évolué vers la télévision publique où je suis devenu reporter notamment sur des sujets internationaux et sociaux. Du journalisme quotidien aux grands sujets, j’ai suivi un parcours naturel vers le documentaire et je suis devenu directeur, producteur et scénariste. J’ai monté ma boîte de production, Minimal Films, en 2008 et j’ai sorti la même année mon premier film en salle de cinéma, « Bucarest, la mémoire perdue » qui a reçu de nombreux prix en Espagne (le Goya de l’Académie espagnole entre autres), au Mexique et en France. C’est un film autobiographique sur la mémoire, un sujet qui m’obsède et sur lequel j’ai tourné aussi « Al final de la escapada » que je présente ici, dans le cadre de Cinemed.

C : Vous êtes de nationalité hongroise, espagnole et française, est-ce que ce mélange vous confère des envies particulières ?

A. S. : Mes origines sont vraiment compliquées. C’est précisément le sujet de mon film antérieur. Mes parents étant des militants antifranquistes, je suis né en clandestinité en Roumanie bien que j’ai été déclaré en Hongrie pour brouiller ma piste aux yeux des services secrets de Franco. Ma mère, fille de réfugiés de la Guerre Civile espagnole, est précisément née et a été élevée à Montpellier. Nous gardons encore une partie de la famille ici. Les références culturelles de mon enfance sont donc bien variées bien que l’Espagne soit toujours restée au centre de l’histoire familiale. J’ai été élevé avec trois langues, français, catalan et espagnol. Je me sens donc, pour l’essentiel, profondément européen.

C : Lorsque l’on fait du cinéma en Espagne y a-t-il une spécificité ?

A. S. : Faire du cinéma en Espagne, et surtout du cinéma documentaire, est une aventure bien plus artisanale qu’en France. Nous envions le système et surtout la maturité du marché français, qui la mène à défendre son cinéma et à respecter le genre documentaire comme nulle part ailleurs en Europe. Ceci dit, en Espagne on tourne quand même beaucoup de films par an et les documentaires arrivent de plus en plus dans les salles de cinéma. Certains font même de bons chiffres en termes de spectateurs. Le problème c’est que tout ce petit monde bouge dans un quota de marché qui dépasse difficilement le 20% face aux productions américaines, bien loin des quotas françaises. Je dirais qu’en Espagne il y a beaucoup de talent mais peu de moyens, par conséquent une partie de ce talent bascule vers la non-fiction. Malheureusement, ce talent a du mal à sortir du pays. Outre Almodovar et Amenabar ou peut être encore Saura, les grands noms du cinéma espagnol sont mal connus à l’étranger. Et pourtant, je vous assure qu’ils sont nombreux et très bons.

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