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Didier Zuili parle de Britannicus

Didier Zuili parle de Britannicus

Didier Zuili parle de Britannicus

C : Qu'est-ce qui vous a poussé à faire ce film ?
DZ : Je n'aimais pas Racine, j'étais plutôt Molière. Mais j'avais des contacts avec Françoise Chatot, la metteur en scène de la pièce et Eliane Tondu qui signait les décors et les costumes. J'ai assisté à toutes les répétitions. J'ai découvert la beauté de la langue de Racine, j'ai fini par franchir la barrière de la langue et tout s'est éclairé. J'ai vu l'intelligence du texte, de la langue, je suis tombé amoureux de cette langue. J'ai trouvé cette pièce magnifique et une qualité de personnages. Et puis c'est une pièce politique et les sujets politiques m'intéressent : comment arrêter un tyran ? Le constat de Racine est sans pitié, on meurt empoisonné. (Rires).

C : Comment expliquez-vous le succès de la pièce de théâtre filmé sur cine4me ?
DZ : Lydia Kools m'a effectivement dit que c'était une des VOD de sa plateforme qui était la plus téléchargée. Ca m'a fait grand plaisir. J'espère que c'est pour des raisons artistiques. Je trouve cela formidable que la VOD permette de prolonger l'existence de cette création. Le succès ? Il n'existe pas d'autre version filmée de cette pièce. Par les temps qui courent, peu de gamins lisent Racine et la VOD peut permettre aux enseignants d'appréhender cette pièce et son auteur. Cela peut servir d'outil pédagogique, Britannicus c?est l'illustration même que le cinéma VOD peut être un relais d'un évènement culturel qui aurait été vu que par les spectateurs.

C : Si vous deviez nous conseiller votre film, quels seraient vos arguments ?
DZ : Si vous aimez Racine, j'aurais plaisir à ce que vous aimiez la pièce filmée et si vous avez des problèmes avec le théâtre de Racine, j'aurais plaisir à ce que vous le regardiez. Il faut traverser cette barrière et puis un conseil... Si vous n'aimez pas le film, regardez-le en fermant les yeux, pour le son, pour le texte.
D'ailleurs, le théâtre est fait pour être vu au théâtre mais avant tout pour être entendu, à voix haute. Ce n'est pas fait pour être lu sur le papier. Moi en tous cas, j'ai du mal à prendre plaisir à lire un texte de théâtre, parce que le texte de théâtre est un tremplin, un entre-deux, il n'est pas une fin en soi, comme le sont, la nouvelle ou le roman.

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