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Frédéric Cerulli se présente

Frédéric Cerulli se présente

Frédéric Cerulli se présente

Frédéric Cerulli se présente à cine4me et nous parle de sa double casquette de journaliste et réalisateur de cinéma.

cine4me : Parlez-nous de votre parcours et de votre carrière ?
Frédéric Cerulli : On peut dire que j'ai deux vies : le cinéma et le journalisme.
En ce qui concerne ma première vie, le cinéma, j'ai réalisé mon premier moyen métrage à 15 ans traitant des morts imminentes (un sujet qui m'intéressait déjà), puis j'ai enchainé des moyens métrages et courts en moyenne, un par an. Passionné de cinéma, je me suis enfermé très jeune dans les salles obscures où j'ai observé en tant que spectateur le moindre détail filmique : jeux d'acteurs, lumières, cadrages etc. Plusieurs de mes courts métrages ont été primés. "Ça pourrait vous arriver", un court métrage de cinq minutes traitant des fantasmes du couple, a eu un prix à Paris au Clap d'or. Très encouragé, j'ai décidé de travailler encore et encore d'arrache-pied (douze courts métrages) et j'ai décidé de réaliser mon premier court métrage professionnel de 22 minutes. Interprété par les acteurs Jacques Weber et Chantal Lauby, ce film a remporté un succès puisqu'on a décroché le premier prix du public au Festival du film international d'Aubagne. Il a été également vendu sur la chaîne TPS pendant un an, pour être à nouveau sélectionné dans les dix meilleurs courts métrages de l'année. Le film "La panne" a été alors commercialisé pendant cinq ans chez la Fnac et Virgin.

Quant à ma deuxième vie, parallèlement, je suis journaliste depuis 17 ans pour France Télévision (France 2 et France 3) couvrant l'actualité du journal de 13h et 20h. C'est caméra à l'épaule que je parcours les cinq continents notamment pour un 52 mn sur le thème de la prévention de la violence dans le monde. Cette expérience m'a permis de vivre une aventure humaine exceptionnelle où violence, tristesse, joie se sont mêlées. Je suis parti également pour France 2, couvrir un séisme en Algérie pendant plus d'une semaine. Là s'en est suivi de fortes émotions, tous les jours, on devait avec mon confrère Oliver Théron préparer chaque reportage pour le journal télévisé (Télé Matin, 13h et 20h). Pendant plus de dix ans au bureau de France 2, j'ai vécu des histoires poignantes qui m'ont permis d'aiguiser mon œil de réalisateur. Également, j'ai réalisé un 26 mn sur des pompiers faisant une expédition humanitaire et deux exploits sportifs à 5400m au Chilie et Bolivie. Durant un mois, j'ai suivi avec le groupe des sensations fortes. Pour le festival de Cannes 2011, j'ai réalisé un 52mn pour France 3 National avec un défit à la clef : le tourner et le monter en huit jours avec une équipe formidable qui travaillait jours et nuits pour une diffusion le soir-même de la clôture de la remise de la palme d'or du Festival international du film. Il a été diffusé le soir comme prévu. Le dernier grand reportage en date a été un 52 mn pour France 3, sur les tunisiens après la révolution. Nous sommes partis en Tunisie, en Italie, rencontrer des personnes complètement délaissées par le gouvernement. Cela a été une expérience humaine très forte et très engagée.
Parmi ces quelques expériences journalistes citées, je me suis imprégné de toute cette force extérieure, dans un seul but : raconter avec un cinéma réaliste des "vérités" de mon point de vue au travers de ma caméra. Mes métiers de journaliste et de réalisateur sont très liés, car vivre au quotidien des reportages, des histoires vraies aussi différentes les unes que les autres m'a permis d'être en entrainement constant tous les jours et m'a préparé pour la suite à mon premier long métrage : "Le thanato".

C : Quel est votre réalisation préférée de vous-même ? Pourquoi ?
F. C. : C'est difficile de parler de ce qu'on préfère car pour ma part j'essaye de progresser tous les jours. Je crois que mon premier bébé "Le thanato" reste une expérience de vie inoubliable. La rencontre avec le producteur Marc Geoffroy m'a permis d'aller au bout de cette aventure semée d'embuches. Je dis toujours: "Seul on ne fait rien". Avec mon co-scénariste et monteur Thomas Gauthier, ami de toujours nous nous sommes attaqués à notre première œuvre. C'est l'addition de personnes qui y croient, une équipe de production et de tournage très soudée, des comédiens extraordinaires comme Chantal Lauby et Gerard Meylan qui m'ont fait confiance pour mon premier long métrage. Franck Llopis, mon distributeur, m'a aussi fait confiance, il s'est battu pour que ce film soit vu, c'est un lien très fort qui est né entre nous. Alors je crois que toute cette énergie positive, d'amour et de foi m'a transcendé dans ce que j'aimais le plus, le cinéma.
"Le thanato" a été une expérience à fleur de peau... d'émotions, de sincérité et de joie.

C : Les films engagés ou liés à l’actualité vous intéressent-ils ?
F. C. : En vivant l'actualité au quotidien en tant que journaliste, cela me permet de créer tous les jours, donc oui cela m'intéresse. Je m'imprègne tous les jours de ce que je vis au travers de mes reportages pour créer une nouvelle histoire, un nouveau scénario.

C : Comment caractérisez-vous le film indépendant ? Vous-même vous classeriez-vous dans le cinéma indépendant ?
F. C. : Le film indépendant, je le caractérise comme un cinéma encore libre, un cinéma où auteurs, producteurs vont exprimer des histoires sincères. On a encore le choix avec le cinéma indépendant de ne pas tomber dans la complaisance... Malheureusement, le cinéma indépendant a des difficultés pour s'affirmer, pour la distribution en salles car souvent nous sommes confrontés à des grosses machines bien huilées (grosses productions) qui peuvent écraser les créations de jeunes artistes. Si je me classe dans le cinéma indépendant ? Je réponds oui et non, car dans ce métier rien n'est figé. Il peut m'arriver demain de réaliser une commande d'un projet commercial qui me tiendra à cœur et ensuite de réaliser avec une production indépendante un projet qui me tiendra à cœur aussi, par une histoire, un propos bien engagé.

C : Quel qualificatif donneriez-vous à votre style ?
F. C. : Je dirais que le style que j'ai, c'est ce que les gens ressentent, alors ça peut être un style filmique bien précis où on reconnait ma façon de filmer, des ambiances que je vais créer avec une certaine tension, un style esthétique par un travail de lumière, de cadrage, de mise en valeur des comédiens, ne faire qu'un avec eux. Car je cadre aussi mes films. Donc pour répondre, le qualificatif serait "personnel".

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