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Georges Ruquet parle de "Blind Test"

Georges Ruquet parle de "Blind Test"

Georges Ruquet parle de "Blind Test"

Trahison, humour noir, huit clos, "Blind Test" un film décrypté par son auteur, Georges Ruquet.

cine4me : Comment le sujet de ce film vous est-il venu ? La trahison est-ce quelque chose qui vous parle ?
Georges Ruquet : Pour mon activité de formateur, j'ai travaillé le huis-clos car c'est une bonne école de la dramaturgie. Vous ne pouvez pas vous en sortir avec des poursuites en voitures, l'assaut de la BAC ou l'invasion des dinosaures. Il faut faire de la dramaturgie avec l'évolution des relations entre les personnages. C'est évidemment une écriture assez difficile. Dans ce cadre, je tournais autour de la prise d'otage(s) qui semblait être un bon terrain à huis-clos. J'ai comme ça plusieurs scénarios d'avance sur le mode "two people in a room". "Blind Test" était l'un d'eux. Je ne suis pas spécialement attiré par la trahison, mais c'est toujours jouissif pour le spectateur quand, d'une part il est initié dans le récit, il sait quelque chose qu'un personnage ne sait pas, mais il aime bien aussi être surpris par un retournement auquel il ne s'attendait pas. Le traître qui se retrouve trahi offre les deux possibilités.

C : On ressent un fort humour noir, est-ce que cela vous caractérise ?
G. R. : L'humour permet de créer une distance avec le malheur ou les côtés un peu sombres de la vie. Ça fait du bien. L'humour noir lui réhabilite ces moments sombres car il en fait rire mais sans nier le caractère sinistre ou cruel. C'est une façon de dire que la vie est aussi faite de cela et que la seule prise que l'on ait dessus, dans notre maelström d'impuissance, c'est de s'autoriser à en rire, que le rire peut passer au dessus. Mais je suis d'accord que le voir comme cela, c'est assez noir.

C : Comment s’est passé le casting du tournage ? Aviez-vous les acteurs en tête ou bien ont-ils passé des essais ?
G. R. : Si j'avais fait passer des essais aux comédiens, ils ne m'auraient pas gardé. Plus sérieusement, j'étais en discussion avec Manuel Blanc sur un premier projet qui ne s'est pas fait. Lorsque je lui ai proposé "Blind Test", il a dit "Oui" tout de suite. Franck Llopis, le producteur, connaissait Johan Libéreau et me la proposé. Moi, je l'avais vu dans "Les témoins", de Téchiné, où il était excellent. Là, c'est moi qui ai dit "Oui" tout de suite. Et puis, Manuel aussi avait été révélé par Téchiné, dans "J'embrasse pas" dix ans avant "Les témoins". Il y avait un côté bonne étoile. Johan est un surdoué, un peu chien fou, il était parfait pour le rôle de Vinko. De temps en temps, Manuel me disait que Sarah Biasini, avec qui il a le même agent, était attirée par le projet. Mais nous attendions des réponses d'autres comédiennes et je n'entendais pas trop la proposition. A une semaine du tournage, les réponses arrivaient négatives ou n'arrivaient pas. Apparemment, jouer attachée, du bout du menton et des épaules, ça ne tentait pas les interprètes féminines. Il est vrai que c'est risqué. Un vendredi, je dis à Manuel de faire lire le scénario à Sarah et le lundi nous la rencontrions. Sarah était très enthousiaste et, contrairement à la tendance, elle trouvait le challenge passionnant. Je dois dire que je l'ai trouvé parfaite, son jeu, mais aussi sa ténacité, son sérieux. Sarah c'est une vraie comédienne, qui travaille.

C : Avez-vous des anecdotes ou péripéties à nous raconter à propos du tournage ?
G. R. : Le tournage entier a été un festival de péripéties. Nous avons tourné en douze jours avec un budget un peu inférieur à celui du mariage de ma sœur. En matière de péripétie, ça laisse de la marge de manœuvre. Les anecdotes ne manquent pas non plus, mais je retiendrais le moment où nous devions tourner une scène où le couple joué par Sarah et Manuel s'engueule. Le personnage de Sarah est en train de hacher du persil et celui de Manuel de couper du jambon. Au moment de tourner, je réclame le jambon mais on amène des tranches sous blister. Ça n'allait pas. Toute l'équipe a attendu une heure que l'on trouve un jambon. Une heure, sur douze jours, c'est un luxe hollywoodien.
Enfin nous avons eu un petit drame. Le directeur photo a fait une chute avec le steadycam. Heureusement, il n'a rien eu, son appareil non plus, mais la caméra a reçu un choc. Or, quelques semaines après la fin du tournage, en montage, je m'aperçois que des prises de vue manquent. Il s'avère que tout ce qui a disparu a été tourné le jour de la chute. Le choc qu'a reçu la caméra avait effacé une des deux cartes mémoires qu'elle contenait soit un peu plus d'une demi-journée de tournage. Avec la monteuse, il a fallu jongler pour compenser les images manquantes.

Blind Test

Blind Test

Georges Ruquet / 2010

prix

7,99 €

Comédie

Les fiches

Le Réalisateur

Georges Ruquet

Les Acteurs

Le Pays

France