Michèle Mira-Pons parle de "Portraits croisés, 4 visages de l'Algérie"
Après "Alger. Oran. Paris. Les années music-hall", il nous a paru intéressant, à Valérie Cohen, Didier Zuili (les producteurs) et moi-même, de faire un focus sur un des personnages pilier du film : le compositeur Youssef Hagège. En plus d'être une des plus grands compositeurs du music-hall d'Algérie, c'est un conteur né et un être extrêmement attachant, drôle, bohême à 85 ans ! On peut rester des heures à l'écouter raconter ses souvenirs. Il mérite largement qu'on lui consacre du temps, qu'on lui donne la parole.
Et puis aussi je dois dire que j'ai un certain lien affectif avec l'Algérie. Je suis née en Algérie, partie alors que j'avais quelques mois seulement, dans des circonstances de violence et de guerre, d'extrême angoisse puisque mon père ayant pris parti pour les Algériens en lutte a été arrêté. Ce pays est resté mythique pendant toute mon enfance, mon adolescence. Et la nostalgie planait, sans que je puisse l'analyser. Retourner là-bas dans ces circonstances de travail (faire un film) m'a aidé à tourner la page, à retrouver ma vraie place par rapport à ce pays mythifié, à garder l'Algérie et les Algériens pour toujours dans mon coeur.
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