
Marc Recha, un arbre catalan
Laurent Billard / 2005

3,00 €
Ralenti des décennies durant par le régime franquiste, le cinéma espagnol a connu une véritable explosion créative avec la fin de la Dictature dans les années 80. Période bénie et foisonnante de la Movida, avec Pedro Almodóvar en figure de proue. Mais depuis le début des années 2000, la jeune garde ne démérite pas.
Pedro Almodóvar est la figure la plus célèbre du cinéma espagnol, réalisateur de films dont la renommée et le succès dépasse les frontières nationales depuis plus de 20 ans. Son premier long-métrage coïncide avec le retour de la démocratie : c'est Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier (1980), suivi du Labyrinthe des passions (1982). Anticonformiste, indépendant, provocateur, le cinéaste passe au crible les bouleversements de la société espagnole; mêlant humour, mélo, engagement politique et social, il livre également dans ses films des portraits de femmes souvent bouleversants. Il a notamment fait connaître Carmen Maura ou Victoria Abril, mais aussi Antonio Banderas et Penelope Cruz.
Des réalisateurs comme León de Aranoa ou Achero Manas se penchent quant à eux sur les problèmes sociaux : violence, chômage... Julio Medem signe Tierra (1995) et Lucia y el sexo (2000) qui se font aussi connaître hors des frontières ibériques.
Comme Almodóvar fut le porte-flambeau de la contre-culture madrilène, Bigas Luna lui, s'illustrera comme le représentant de l'avant-garde barcelonaise, avec Jamon jamon (1992), Macho (1993), Le Téton et la Lune (1994).
Plusieurs cinéastes font leur apparition à la fin des années 90, avec des univers qui témoignent de la diversité des inspirations et des sujets, et qui font la richesse du cinéma espagnol contemporain. Alex de la Iglesia (Le Crime Farpait, 2005) joue la carte de la comédie burlesque, Alejandro Amenábar celle du fantastique. D'origine chilienne, Amenábar avec son premier film Tesis en 1996 est salué par le public et la critique. Il réalise ensuite Ouvre les yeux en 1998, avec Edouardo Noriega et Penelope Cruz. Puis il tourne en anglais Les Autres, avec Nicole Kidman, qui connaît un succès international (2001). Il signe en 2005 un film plus personnel et très émouvant sur l'euthanasie, Mar Adentro.
Certains acteurs connaissent aussi une carrière brillante hors d'Espagne, en France et surtout à Hollywood : c'est le cas de Javier Bardem ou d'Eduardo Noriega, Penelope Cruz... un phénomène qui correspond également à une "internationalisation" croissante du cinéma espagnol ces dernières années, qui promeut ou participe à des coproductions internationales comme Vicky Cristina Barcelona réalisé en 2008 par Woody Allen.
De cinquante films par an dans les années 1980, la production a atteint 173 films en 2008. Mais le cinéma espagnol doit aujourd'hui faire face à d'inquiétants signes de repli : la baisse du nombre d'entrées dans le pays s'accentue et les premiers à en souffrir sont une nouvelle génération d'auteurs (Agustin Diaz Yanes, Manuel Gutierrez Aragon, Isabel Coixet, Manuel Gomez Pereira) dont les films, plus confidentiels et plus fragiles, sont pourtant aujourd'hui la meilleure part du cinéma espagnol.

Laurent Billard / 2005

3,00 €

Dani Lagartofernandez, Marian Piper / 2011

2,00 €
Dani Lagartofernandez
Alba Sotorra Clua
Marian Piper