
Philippe Faucon
Réalisateur, Scénariste, monteur, producteur français.
Philippe Faucon est né en 1958 à Oujda, au Maroc. C'est après des études de Lettres à Aix-en-Provence qu'il débute dans le milieu du cinéma comme régisseur, entre autres sur un film de René Allio, Un médecin des Lumières. Il s'essaye aux courts-métrages, et à la réalisation de films documentaires pour une sérié intitulée "Portraits de Français". Il signe en 1989 son premier long métrage : L'Amour, chronique d'adolescents en banlieue. Le film fait parler de lui.
Avec Sabine en 1993, se mettent en place les éléments formant le cadre d'une oeuvre qui va s'affirmer les années suivantes. C'est le début d'une longue collaboration avec le scénariste William Karel. Focalisé autour d'un personnage de jeune femme, Sabine - comme souvent par la suite - est adapté d'un récit autobiographique, en l'occurrence celui d'une jeune toxicomane. Le sujet est dramatique, le traitement remarquablement sobre et pudique pour atteindre à la véracité d'un récit qui fait saillir les contraintes familiales et sociales comme autant de récifs implacables à l'orée de la vie adulte. Le film est produit par Arte et Humbert Balsan, comme le seront la plupart des suivants. Produit pour pour être télédiffusé, il bénéficiera après son passage à la télévision de la sortie en salles qu'il méritait.
En 1994, Muriel fait le désespoir de ses parents, co-écrit avec W. Karel et Catherine Klein qui interprète également le rôle titre, raconte sur un ton moins dramatique les déboires d'une jeune femme qui revendique son homosexualité.
Dans Mes 17 ans, Barbara ne peut plus vivre avec ses parents. Placée en maison de repos, elle cultive son esprit de rébellion ; la menace du sida plane sur ce film du milieu des années 90. Il est comme les autres porté par l'interprétation engagée et remarquable de jeunes acteurs qui semblent avoir été destiné à ce seul rôle (ici, Valentine Vidal dans le rôle de Barbara), comme chez Bresson ou Pialat.
Philippe Faucon écrit et réalise ensuite Les Étrangers en 1997, film qui montre un jeune homosexuel beur s'engageant dans l'armée, et envoyé en Bosnie. Film tout à fait unique sur ces évènements et son époque, qui suscite ches son spectateur de riches impressions et réflexions sur la notion d'hétérogène.
En 2000 sort Samia, qui relate le combat d'une adolescente d'origine maghrébine dans la banlieue marseillaise refusant de subir le joug des traditions familiales. Le film est co-écrit par Soraya Nini et marque leur première collaboration. Avec elle, Philippe Faucon enchaîne en 2001 Grégoire peut mieux faire, qui traite de l'échec scolaire - un sujet contemporain pratiquement jamais abordé par la fiction.
En 2005, il réalise La Trahison, film inspiré du livre-témoignage d'un sous-gradé français pendant la Guerre d'Algérie. Avec ce film, Philippe Faucon semble abandonner le genre monographique sur la jeunesse en France qu'il a développé depuis plus de 10 ans et prendre de nouvelles directions. Son dernier film en 2008, Dans La vie, le confirme. Dans celui-ci, il nous raconte comment Halima, musulmane pratiquante, devient la garde-malade d'Esther une vieille femme juive impotente, et comment ces deux toulonnaises se lient d'amitié. Un pitch optimiste, pour un film qui ne fuit aucune des difficultés qu'implique son paradoxe de départ. Et confirme encore une fois les vertus d'un système : simplicité, adéquation maximum de l'interprétation... toutes qualité relevant d'une forme rare chez un cinéaste, de confiance tranquille et sans arrière-pensées mise dans les moyens du cinéma.
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